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Dans une récente enquête, le site de recrutement Jobintree pointait le manque de candidatures féminines aux postes de management. Et se demandait même, non sans provocation : où sont les femmes désireuses de devenir managers ?
Après avoir étudié plus de 200 000 actes de candidature envoyés via son site dans différents secteurs d’activité, le site de recrutement Jobintree révèle qu’il existe parfois un profond déficit de candidatures féminines aux postes de management, même dans des secteurs où la proportion de candidates est majoritaire.
Sont particulièrement touchés par ce phénomène les métiers de l’hôtellerie-restauration, qui reçoivent 51 % de candidatures féminines, mais seulement 24,2 % pour les postes de managers, les métiers de la comptabilité, de la gestion et de l’audit (35,7 %) et les métiers du juridique (16,7 %)...
A l’inverse, certains secteurs comme la distribution (54,4 %), la création et l’audiovisuel (55,2 %), ainsi que le sport, le tourisme et les loisirs (64 %) semblent davantage attirer les candidates aux fonctions managériales.
Trop peu de femmes dans certaines filières
A partir de ce constat, les auteurs de l’enquête formulent l’hypothèse que « la question de l’égalité professionnelle entre les hommes et femmes se pose donc au-delà de la représentation de ces dernières en tant que managers dans les entreprises. » Et de poser une autre question : où sont les femmes qui veulent être managers ? Une interrogation que Sophie Reynal, associée gérante d’Allia Finance et présidente d’HEC au féminin, accueille avec beaucoup de perplexité. « Le fait de faire référence aux seules statistiques de trafic d’un site Internet de recrutement pour généraliser sur un comportement supposé des femmes par rapport au management me paraît un peu tiré par les cheveux. Ceci étant dit, c’est vrai que les femmes ne s’orientent pas vers certaines filières. Mais pour trouver une explication, il faut remonter au lycée, puis dans les grandes écoles et à l’université. Du coup, si dans certains secteurs, les femmes postulent moins aux postes de management, ce n’est pas pour des raisons de comportement, mais parce qu’il n’y a pas assez de femmes dans ces filières. »
Une assertion complètement fausse ?
Pour Sophie Reynal, l’enquête ne prend pas non plus en compte le fait que de plus en plus de femmes utilisent leurs réseaux pour changer de poste ou faire progresser leur carrière. « Pour cette raison, elles ne vont pas forcément répondre aux petites annonces sur Internet, mais cela ne veut pas dire qu’elles postulent moins que les hommes, elles utilisent simplement d’autres canaux. Pour toutes ces raisons, l’assertion de Jobintree me semble complètement fausse. En tout cas, dans le réseau HEC au féminin, l’écrasante majorité de nos 12 000 adhérentes ambitionne d’avoir une carrière professionnelle et de progresser au même rythme que les hommes, en fonction de leurs compétences », conclut Sophie Reynal.
Y.R.