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Le 15 novembre 2011
« Les restructurations ont un impact sur les conditions dans lesquelles s’exerce l’activité des salariés qui restent », constate Mario Correia, maître de conférences en sociologie, directeur de l’institut du travail d’Aix-en-Provence, lors d’une table ronde sur les restructurations, organisée à l’occasion des trente ans de l’institut du travail de Saint-Étienne (Loire), « La diminution des postes à responsabilité réduit les possibilités de progression et de carrière, et les modifications de l’organisation du travail peuvent avoir des effets sur la santé des salariés. Le comportement des salariés change : ils deviennent méfiants et contestataires. »
« La perte du collectif peut engendrer des pathologies »
Pour les salariés licenciés, « les restructurations ont également des conséquences sur la santé », ajoute Jean-Pierre Brat, délégué syndical central de Giat Industrie CGT, « Cinq ans après la sortie du milieu professionnel, on voit apparaître des maladies telles que la dépression (liée à la perte du collectif), le cancer, les maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, la perte de l’emploi s’accompagne, en cas de retour à l’emploi, d’une perte de reconnaissance liée à un nouveau travail souvent moins qualifié. »
Comment prévenir les restructurations ? Jean-Pierre Laurençon suggère de « permettre au CHSCT de réaliser une contre-expertise sur le futur plan afin d’en mesurer les conséquences, associer les représentants du personnel à l’élaboration, la mise en œuvre et l’accompagnement des salariés licenciés », alors que « les PSE interviennent souvent brutalement et suscitent l’incompréhension des salariés et des organisations syndicales ».
Le CIF manque de financements
Lors de cette table ronde, il a également été signalé que la GPEC n’est obligatoire que pour les entreprises de plus de 300 salariés et que d’une manière générale, les plans de formation ne répondent pas au besoin de reconversion. Quant au seul dispositif adapté, le CIF, il manquerait de financement.