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Muriel GAC, Resp. Dvlpt Formation Continue/Mastère Spécialisé ENSICAEN
Décrocher un diplôme d’ingénieur par la formation continue est difficile, mais possible. Jean-Michel Cossez, 51 ans, a franchi avec succès toutes les étapes de cette reprise d’études qui a marqué un virage dans sa carrière.
Après avoir décroché un DUT en électronique en cours du soir au CNAM, Jean-Michel Cossez intègre en 1983 une société spécialisée dans la fabrication d’appareils d’analyse pour les laboratoires comme technicien de contrôle des matériels avant expédition. Un an plus tard, il change d’entreprise pour devenir technicien de maintenance dans le matériel informatique et la bureautique. En 1986, il intègre Oldham, toujours comme technicien de maintenance. Très vite, il se voit confier des missions commerciales et se retrouve chargé d’affaires.
« A la fin des années 90, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour de la société, raconte Jean-Michel Cossez. J’ai donc commencé à chercher un poste de chef de projet. Plusieurs années se sont écoulées sans que je trouve chaussure à mon pied. Cette période m’a fait comprendre que j’avais besoin d’une formation complémentaire pour atteindre mon objectif. »
Montant de l’investissement : 15 000 €
C’est un module de formation de quatre jours sur la gestion de projet suivi en 2006 au Cesi qui provoque le déclic. « Cette formation m’a conforté dans mon projet professionnel, souligne Jean-Michel Cossez. Et c’est sur les conseils du directeur régional du Cesi que j’ai décidé de me lancer dans l’obtention d’un diplôme d’ingénieur via la formation continue. »
Pendant quatre mois, il prépare le concours d’entrée sur une plateforme internet, en travaillant chez lui le soir et les week-ends. Ce travail porte ses fruits car il réussit l’examen, les entretiens et les tests psychotechniques qui jalonnent la procédure d’admission.
Il demande alors un Congé Individuel de Formation (CIF) à son employeur qui accepte sans difficulté. Il ne lui reste plus qu’à boucler la partie financement car la formation dure pas moins de 20 mois à plein temps. « Le Fongecif a accepté de me payer une partie du coût des études et 90 % de mon salaire pendant 12 mois, se souvient Jean-Michel Cossez. Le reste du temps, pendant la période des stages, je ne touchais au mieux que la rémunération d’un stagiaire. Il a donc fallu que j’investisse personnellement dans la formation, environ 15 000 €. »
Deux ou trois semaines pour se remettre dans le bain...
En avril 2008, il se retrouve sur les bancs de l’école. « Il m’a fallu environ deux ou trois semaines pour me remettre dans le bain, raconte Jean-Michel Cossez. Mais comme j’étais très motivé, je me suis mis en condition pour absorber tout ce que je pouvais absorber. » Une stratégie payante puisqu’il obtient son diplôme en novembre 2009. Un mois plus tard, il est embauché par Siemens comme chef de projet dans la détection incendie en centrale nucléaire. « Sans ce diplôme d’ingénieur, je n’aurais jamais obtenu ce poste, affirme Jean-Michel Cossez. Au-delà des compétences que l’on emmagasine pendant la formation, on acquiert aussi un recul sur les choses, une assurance et une aisance qui sont très utiles lorsque l’on se retrouve face à un recruteur. »
Vous l’aurez compris, Jean-Michel Cossez ne regrette pas son investissement. « Pour suivre ce genre de formation, il faut une volonté de fer. Mais à partir du moment où vous savez ce que vous voulez faire après l’obtention du diplôme, et que vous êtes très motivé, tout est possible. Aujourd’hui, j’ai la sensation d’avoir pris un virage au bon moment, et de l’avoir bien négocié », conclut Jean-Michel Cossez.
Yves Rivoal