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Témoignage : « J’ai opéré un changement de carrière radical »
Après dix années passées dans la même entreprise, Aude de la Source a décidé d’enclencher une reconversion grâce à un CIF (Congé individuel de formation). Témoignage.
Comment vous est venue l’idée d’une reconversion ?
Arrivée à la veille de la quarantaine, cela faisait dix ans que j’étais assistante de direction dans le même cabinet d’avocats. Je me suis aperçue qu’en plus de connaître mon poste par cœur, je ne disposais d’aucune possibilité d’évolution en interne. Mon idée était de monter une structure de services pour les seniors dynamiques. L’idée de cette reconversion a alors germé en moi et j’ai pris l’initiative de contacter le Fongecif Île-de-France pour faire une formation.
Que vous ont-ils conseillé ?
D’abord, ils m’ont offert de dresser un bilan de compétences, en toute discrétion, c’est-à-dire avec un cabinet de recrutement parisien et en dehors de mes heures de travail. Cela m’a pris beaucoup de temps, d’énergie et a nécessité une grosse introspection mais au terme de ce bilan, j’avais une idée plus nette de ma capacité à me reconvertir. Dès ce moment-là, j’étais décidée à créer une entreprise de services à la personne, et le Fongecif était décidé à me suivre.
Comment obtient-on un CIF (Congé individuel de formation) ?
C’est une procédure très carrée, avec des délais à respecter et beaucoup de préoccupations à gérer de front : choisir une école, une formation, établir un calendrier, monter son dossier de candidature. Sans compter sa vie professionnelle qu’il faut continuer à assumer tout en restant discrète sur ses intentions de reconversion, et la vie de femme et de mère, qu’il ne faut pas négliger car elle permet de se ressourcer.
A quel moment avez-vous décidé d’en parler à votre direction ?
L’annonce à l’employeur doit se faire au plus tard quatre mois avant le début de la formation. Ce dernier a le droit de refuser un CIF une seule fois. Ce qu’il a fait, dans mon cas. Il m’a donc donné son accord après ma deuxième demande. Après quoi il a fallu monter un dossier de demande de prise en charge avec CV très détaillé, lettre de motivation, et présentation de projet. Puis une commission a validé la prise en charge de mon projet.
Comment se sont passés la formation et votre retour au travail ?
J’ai suivi deux formations chez Advancia, organisme qui dépend de la CCIP (Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris). L’une portait sur la création d’entreprise, et l’autre sur les services à la personne. Cela a duré quatre mois, de septembre à décembre 2010.
C’était une expérience très enthousiasmante, avec des intervenants remarquables et dont je suis sortie gonflée à bloc. Mais la rentrée au bureau n’en a été que plus abrupte. Après avoir digéré ce brusque retour à la réalité et absorbé la masse de travail accumulée pendant mon absence, j’ai décidé de faire part à mon DRH de mon désir de quitter le cabinet. Ce dernier s’est montré très compréhensif.
Propos recueillis par Homère Jouard