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A quarante ans passés, Christine Orth a obtenu grâce à la VAE (Validation des acquis de l’expérience) un BTS Assistante de manager. Elle nous raconte son parcours du combattant.
Pour raisons personnelles, Christine Orth est contrainte à renoncer à ses études. Elle commence donc à travailler dans un magasin d’ameublement. Là, elle se fait repérer en 1986 par le directeur de l’agence GPVND de Strasbourg qui la recrute comme secrétaire et assistante commerciale. Au début des années 2000, elle est propulsée responsable de l’administration des ventes, un poste où elle supervise six assistantes commerciales. Mais en 2006, sa société supprime son service dans le cadre d’une restructuration. Elle se retrouve donc au pôle distribution à s’occuper des grandes et moyennes surfaces, avec deux collaborateurs sous sa coupe.
« C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser à la VAE, raconte-t-elle. J’avais l’impression que le virage pris n’augurait rien de bon. Je me suis donc dit que si cela devait mal se passer, ce serait bien que je parvienne à valider mon expérience par un diplôme. » Sa sœur, qui a déjà fait une VAE, lui met le pied à l’étrier. Elle se met donc en relation avec la DAVA de Strasbourg qui l’oriente vers le BTS d’assistante de manager. Elle obtient en parallèle par le Fongecif un financement pour un accompagnement de 10 heures afin de préparer son livret 2 dans lequel elle détaille l’ensemble de son parcours et de ses compétences.
Retourner sur les bancs de l’école ? Non merci !
« J’avais senti le vent venir, car lorsque je suis passée devant le jury, je venais tout juste de me faire licencier pour raisons économiques, raconte-t-elle. Je n’étais donc pas dans les meilleures dispositions d’esprit. » Alors quand elle apprend que la validation du jury n’est que partielle, c’est un peu comme si le ciel lui tombait sur la tête. « Comme je ne me voyais pas retourner sur les bancs de l’école, j’ai pris contact avec les chefs de travaux du lycée qui m’ont communiqué l’adresse d’un site Internet sur lequel on trouvait des sujets d’examen avec les corrigés. J’ai donc révisé toute seule dans mon coin en moins d’un mois les cours, en me focalisant sur les matières à fort coefficient. » Une stratégie qui se révèle payante puisqu’elle obtient en juin dernier son BTS, une récompense qu’elle accueille avec beaucoup de fierté.
Actuellement en recherche d’emploi, Christine Orth se sent mieux armée pour rebondir. « Cette VAE montre aux recruteurs que j’ai toujours la volonté d’avancer, que je suis capable de me fixer des objectifs et d’obtenir des résultats. Mais malheureusement, cela ne suffit pas pour se faire embaucher sur un marché de l’emploi qui reste très morose », conclut-elle.
Yves Rivoal