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Tendance : des formations pour créateurs de chambres d’hôtes

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Passer du rêve à la réalité et professionnaliser. Telle est l’ambition des formations proposées aux créateurs de chambres d’hôtes. Décryptage avec Patrice Lejeune, directeur de Samedi Midi, une société qui organise ce type de cursus.

Combien y a-t-il de chambres d’hôtes en France ?

- Personne ne le sait exactement. On dénombre 15 000 adresses labélisées, mais on estime que les deux tiers des chambres d’hôtes ne le sont pas. Sur cette base, on peut donc penser qu’il y a environ 45 000 chambres d’hôtes en France, avec entre 1 200 et 1 500 créations par an, pour autant de structures qui ferment leurs portes.

Qui sont les créateurs de chambres d’hôtes ?

- On peut distinguer trois profils différents. 60 % des créateurs sont des gens qui arrivent à la retraite et qui ont envie de conserver une activité. 10 % des nouveaux arrivants possèdent une belle propriété qu’ils décident de transformer en chambres d’hôtes afin de financer l’entretien de cette demeure. Les 30 % qui restent sont des créateurs qui ont une quarantaine d’années. Ils habitent dans des grandes villes, ont des enfants, et n’ont pas envie de finir leur carrière dans un grand groupe. Eux ont clairement pour ambition de vivre de leur activité.

Quel est l’objet des formations dédiées aux créateurs de chambres d’hôtes ?

- Ces formations ont été créées pour répondre à un besoin de professionnalisation du secteur. Quel que soit le profil du créateur, il faut en effet toujours passer du rêve à la réalité. Il ne suffit pas de vendre son appartement à Paris et d’acheter un manoir à Gordes pour vivre de sa nouvelle activité. Les gens sont souvent en plein rêve. Ils s’imaginent qu’ils vont pouvoir accueillir des amis, établir de nouveaux contacts… Ils ne voient pas les coulisses qui sont nettement moins gratifiantes. Lorsque l’on gère une chambre d’hôtes, on passe son temps à être au service des autres, à faire le ménage... Au final, l’activité ne se révèle donc pas aussi passionnante qu’il n’y paraît et demande beaucoup de travail.

Quel est le contenu de ces formations ?

- En deux jours, elles font le tour de l’ensemble des problèmes qui vont se poser aux créateurs. Elles abordent la fiscalité, le statut juridique, la rentabilité, mais aussi l’aménagement de l’espace, l’ergonomie, la réduction de la pénibilité des tâches ménagères... Une demi-journée est consacrée à internet car aujourd’hui 90 % des clients arrivent par le web. Enfin, les stagiaires effectuent une visite dans une chambre d’hôtes où les propriétaires sont généralement sur la même longueur d’ondes que le formateur. Il s’agit donc de formations très pratiques, dans laquelle on s’attache à briser les rêves. Souvent, les gens viennent nous voir à la fin du stage pour nous remercier de les avoir recadrés. L’expérience montre d’ailleurs que les deux tiers des stagiaires abandonnent leur projet après la formation, la plupart du temps parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’acheter la maison de leurs rêves.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui envisagent de se lancer dans l’aventure ?

- À tous ceux qui sont motivés, je conseille généralement d’acheter une chambre d’hôte déjà en activité et d’aller voir le banquier du vendeur. Ce dernier connaît en effet l’activité et il accepte en général de prêter de l’argent car dès la première année, l’affaire sera rentable. Alors que ceux qui achètent une maison pour la restaurer n’apercevront leur seuil de rentabilité qu’au bout de trois ans... si tout va bien !

Est-il possible de se faire financer ces formations ?

- Bien sûr. La plupart de nos stagiaires se font financer par le DIF (Droit individuel à la formation) ou sur les budgets formation des entreprises. Nous avons beaucoup de grands groupes qui paient la formation à des salariés de 55 ans qui quittent l’enrteprise en leur offrant, en plus, deux ans de salaire.

Propos recueillis par Yves Rivoal

 

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