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72 % des bénéficiares d’un CIF évoluent dans les 2 ans suivant leur formation
Après un parcours dans la banque et la finance, Isabelle Bouscaud, 37 ans, a décidé de mettre ses compétences au service des personnes âgées. Une reconversion à 360° rendue possible grâce à un CIF. Témoignage.
Après un master en banque et finance obtenu en 1995, Isabelle Bouscaud, fille de banquiers, pose tout naturellement ses valises dans le secteur bancaire. Mais elle s’aperçoit très vite que les objectifs commerciaux des banques ne sont pas faits pour elle. En 1997, elle décide donc de rejoindre l’entreprise Néopost, où elle grimpe les échelons pour devenir contrôleur de gestion. « En 2005, j’ai commencé à m’interroger. Je ne supportais plus la vie à Paris, et sur le plan professionnel, je ne me sentais plus à ma place. J’éprouvais le besoin de m’impliquer émotionnellement dans mon travail, de défendre une cause. Autrement dit, je voulais donner du sens à ma vie professionnelle et être utile à quelqu’un. »
Son choix se porte sur les personnes âgées et elle décide d’utiliser ses compétences en matière de finance pour devenir directeur d’Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). « Après avoir envoyé quelques candidatures et rencontré des professionnels du secteur, j’ai réalisé qu’il y avait des opportunités, mais qu’il fallait que je passe par la case formation. Je me suis donc inscrite en master 2 Economie et gestion des établissements sanitaires et sociaux à la faculté des sciences économiques de Rennes. »
« Pour créer ce groupement, nous sommes partis de rien »
Elle dépose dans la foulée un dossier auprès du Fongecif, mais sans grand espoir vu son profil. Un mois plus tard, elle apprend que le Fongecif accepte de financer la quasi-totalité des coûts pédagogiques qui s’élèvent à 3 820 € et de prendre en charge 90 % de son salaire. En septembre 2006, elle rejoint donc les bancs de l’université où l’attendent 6 mois de cours et un stage de 6 mois à l’issue duquel elle obtient son master 2. Elle quitte Neopost et part dans le Sud-ouest où elle décroche une mission de 6 mois comme attachée d’administration hospitalière au service financier du centre hospitalier spécialisé d’Auch. Mais comme elle n’oublie pas son domaine de prédilection, elle rejoint en novembre 2008 en tant que responsable administratif et financier le Groupement de coopération sociale et médico-sociale Marie-Saint-Frai qui se crée à Tarbes.
« Nous sommes partis d’une page blanche, souligne Isabelle Bouscaud. Nous avons pour l’heure repris en gestion centralisée la comptabilité de quatre de nos établissements. Demain, nous devrons poursuivre la mutualisation et l’optimisation des moyens pour améliorer la qualité de service. » Et quand on l’interroge sur la prochaine étape, elle répond : « Pourquoi ne pas reprendre dans quelques années une fonction plus terrain, comme la direction d’un d’établissement ? ».
Yves Rivoal