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Pas facile d’évoluer en interne avec la conjoncture économique morose ? Au contraire, assurent des experts. Mais ne seront élus que les plus compétents et surtout les plus motivés. Quant à l’entreprise, elle doit s’assurer que la promotion de certains ne sape pas le moral des autres. Bref, préserver une cohésion d’ensemble dans l’intérêt de son avenir.
La mobilité interne est au goût du jour. « C’est une demande forte des salariés et les entreprises doivent s’adapter », estime Marie Gohin, psychologue et coach à Lyon. Et la crise ne fait qu’amplifier le mouvement. « Nos clients n’ont pas toujours les budgets pour recruter. En conséquence, ils axent une grosse partie de leur énergie pour favoriser la promotion interne. Nous avons été très souvent sollicités cette année pour accompagner les salariés dans la prise de responsabilités supplémentaires », abonde Véronique Rivalier, Consultante Coach Associée au cabinet lyonnais Profil, spécialisé dans le conseil en management des organisations et des ressources humaines.
Ce contexte, propice à l’évolution interne, a ses bienfaits. Il vient dynamiser les salariés qui ont la perspective de pouvoir progresser à terme au sein de la structure. « Il est motivant de savoir qu’il existe des ouvertures et que la situation, malgré le contexte économique difficile, n’est pas figée pour autant », analyse Véronique Rivalier.
Salairés : oser prendre position
Des opportunités qui vont profiter, quel que soit leur âge, aux collaborateurs les plus compétents, les plus motivés, et qui ont un réel désir d’accompagner l’entreprise dans son développement. « Alors que nous voyons des employés qui se projettent à tort vers un poste pour lequel ils ne sont pas du tout qualifiés, d’autres, très compétents, n’osent pas forcément demander à évoluer », constate l’experte.
Ne pas hésiter donc à faire un travail personnel de réflexion afin d’imaginer les évolutions les plus pertinentes pour sa carrière et ensuite faire état de ses désirs auprès de sa hiérarchie en expliquant clairement, à la lumière de ses forces et de ses faiblesses, les fonctions sur lesquelles on souhaiterait s’investir.
Un exercice délicat pour l’entreprise
Pour une entreprise, le recours à la promotion interne est un exercice délicat qui ne souffre pas l’improvisation. Les responsables des ressources humaines doivent demeurer extrêmement vigilants sur la manière de communiquer leur choix de retenir un salarié plutôt qu’un autre sur le poste tant convoité. Il s’agit d’expliquer la pertinence de la décision et de rester bienveillant à l’égard de ceux qui n’ont pas été retenus. « La promotion interne peut créer de la frustration. Il est donc nécessaire pour le management, de tout faire pour que les salariés demeurent motivés dans leurs fonctions actuelles alors qu’ils n’ont pas été choisis. C’est le point critique quand on parle de mobilité interne », avertit Véronique Rivalier.
Pour une responsabilité managériale, il est préférable, si la situation de l’entreprise le permet, que le salarié promu ne soit pas issu de l’équipe qu’il doit désormais gérer. « Une pratique désormais courante chez certains de nos clients, qui permet d’éviter les tensions » illustre Véronique Rivalier.
Mathieu Bruckmuller