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Vous vivez votre smartphone greffé à la main. Du lever au coucher, votre PDA ne vous quitte pas. Au petit déjeuner, en soirée et même aux toilettes, vous ne pouvez vous en passer. Vous êtes un « CrackBerry », un accro à votre petit ordinateur de poche comme disent les anglo-saxons.
« Encore la semaine dernière, lors d’une conférence, l’intervenant a sondé l’assistance afin de voir qui consultait ses mails en sautant du lit. La majorité des personnes présentes a répondu par l’affirmative ! ». Devenir accro à son BlackBerry ? Une réalité d’après le consultant conférencier spécialisé en communication québécois, Pierre Bouchard. En Grande-Bretagne, le phénomène des « Crackberry », en référence à la drogue du même nom, a même fait l’objet d’une enquête du journal Independant on Sunday. Celle-ci révélait que plus d’un tiers des utilisateurs de Blackberry montrait des signes d’addiction.
Un phénomène bien réel que déplore et comprend Pierre Bouchard. Celui qui a terminé ses études avec une machine à écrire Underwood, se souvient de sa rencontre avec son premier BlackBerry au cours d’une mission en entreprise : « En tant qu’indépendant, j’ai vite été conquis par les atouts de cet outil. Dans le monde des affaires, beaucoup d’échanges se font par emails. Je pouvais ainsi garder un contact étroit avec mes clients et mes fournisseurs. Je ne peux le quantifier, mais cet appareil m’a rendu plus productif. »
Les travers d’une formidable technologie
Pourtant, force est de constater que tous les utilisateurs de BlackBerry et autres nouvelles technologies ne savent pas toujours bien gérer l’utilisation de ses outils, au point d’en venir dépendants. « Et contre-productifs parfois » note Pierre Bouchard, « Les gens se sentent obligés d’interrompre réunions et rendez-vous lorsque leur BlackBerry se met à vibre. C’est discourtois et empêche de se concentrer véritablement sur la rencontre ».
Comment lutter contre ces travers ? « Tout est une question de discipline », estime le consultant en communication de Montréal. Ce dernier constate que les gens qui tombent dans ces excès sont souvent des personnes qui manquent d’organisation et ne savent pas toujours gérer les priorités. Première règle d’or donc pour ne pas devenir esclave de son smartphone : savoir s’organiser et hiérarchiser ses dossiers. Tous ne requièrent pas la même diligence de traitement.
Instaurer une discipline
Reste ensuite à s’imposer une certaine discipline. « Que mon BlackBerry sonne ou pas, je ne consulte jamais mes mails professionnels avant d’être arrivé au bureau », confie Pierre Bouchard, « Je le mets au fond de mon sac lorsque je suis en entretien. Même chose en soirée. Après 20h, la vie privée reprend ses droits ». Cette discipline est la seule parade que le consultant ait trouvée pour ne pas tomber dans une utilisation frénétique de son appareil. « Je suis un vieux du numérique et pourtant je sais que je pourrais devenir accro. Les smartphones ne cessent d’évoluer, il y a tellement de nouvelles fonctionnalités à découvrir qu’il très facile de se laisser piéger ».
Et vous ? Êtes-vous un « CrackBerry » ? Pour le savoir, il existe maintenant un logiciel baptisé « I Love BlackBerry » qui permet de mesurer son degré de dépendance. Et si votre accoutumance est trop forte, pourquoi ne pas profiter des vacances pour faire une cure de sevrage ? Il existe même maintenant des hôtels qui offrent des séjours « sans BlackBerry ».
Sandrine Guinot
Photos : DR