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Employés chez Grupo Antolin, équipementier automobile à Cambrai, René Dubray, 49 ans, et Laetitia Mairesse, 27 ans, ont tous deux choisi de se reconvertir professionnellement dans le cadre d’un CIF (congé individuel de formation). Une reprise d’études parfois difficile.
Encore trop souvent méconnu, le CIF (Congé individuel de formation) ouvre le droit pour un salarié de s’absenter de son entreprise pour suivre la formation de son choix. Pour en bénéficier, il doit remplir certaines conditions et monter un dossier solide qui sera étudié en commission paritaire.
« J’ai passé beaucoup d’heures à rédiger ma lettre de motivation. Comme il n’y a pas d’entretien, il faut réussir à ressortir par écrit tout ce qu’on a de meilleur en soi » explique Laetitia, 27 ans, technicienne en maintenance. Musicienne depuis l’âge de 12 ans, elle souhaite se professionnaliser et travailler au sein d’une maison de production. Le CIF est financé à 90 % par le Fongecif (organisme paritaire habilité par l’Etat), les autres 10 % restant à la charge du salarié. « C’est pourquoi il faut apporter des éléments concrets au dossier. Le Fongecif ne veut pas investir dans le vent ! » souligne Laetitia.
« Retourner sur les bancs de l’école n’était pas gagné d’avance »
A 49 ans, son collègue René, opérateur de production automobile à Cambrai, a décidé quant à lui de suivre une formation de boulanger, « un rêve d’enfant ». L’an dernier, il a suivi une formation de 8 mois au centre de formation d’apprentis (CFA) de Valenciennes. « J’ai dû retourner sur les bancs de l’école. Ce n’était pas gagné d’avance. J’étais avec des jeunes de 16 ans. Mais ils m’ont vite adopté », dit-il en souriant. Au programme : du français, des maths, de l’histoire et bien sûr de la pratique. « Pour moi, c’était dur car je devais boucler un programme de 2 ans en 8 mois ! » se souvient-t-il. En entreprenant cette formation, René avait le projet d’ouvrir sa propre boulangerie. Il a donc suivi parallèlement des cours de gestion d’entreprise à Lille. « J’ai appris à faire des études de marché. Moi qui suis plutôt un manuel, ce n’’était pas évident. Mais j’ai décroché mon certificat. »
Du projet à la dure réalité...
Pour ces salariés en reconversion professionnelle, pas question de compter les heures.
« En 6 ans chez Grupo Antolin, j’avais cumulé 80 heures de formation. La direction a accepté que je les intègre dans mon projet de musique. J’ai beaucoup de chance » précise Laetitia.
Aujourd’hui, René a repris le chemin de l’usine. « Depuis un an, je suis à la recherche d’investissements pour démarrer mon entreprise. Les banques hésitent à prêter de l’argent. On me demande un apport personnel de 50 %, soit 100 000 € ! ». Ce qui l’inquiète, c’est avant tout de perdre la main. « J’ai besoin de pratiquer. Mais pour trouver un employeur, c’est une autre paire de manche. Les boulangers cherchent des jeunes apprentis. Pour eux, je suis trop vieux, pas assez compétitif ». De son côté, Laetitia a été reçue au Centre de Musique Actuelle de Valenciennes. Elle n’attend plus que la réponse de la commission et, si tout se passe bien, elle pourra démarrer sa formation.
Sindy TRUDO