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Internet, téléphone, présentiel : l’offre de formations en langues vivantes a explosé ces dernières années. Sylvestre Vanuxem, président de l’Association des Professeurs de Langues Vivantes (APLV), dresse un état des lieux sur les méthodes qui marchent, les critères de choix de l’organisme de formation.
Quelles sont les méthodes les plus efficaces pour apprendre une langue vivante ?
Il n’y a pas de méthode miracle. L’apprentissage d’une langue suppose toute une série de connaissances à acquérir, et à chaque compétence correspond un mode d’enseignement différent. Pour la compréhension, il faut privilégier le contact avec les documents authentiques. Pour la conversation, les cours par téléphone constituent un bon exercice. Pour l’expression écrite, Internet me semble plus adapté. L’enseignement en présentiel concentre lui tous les avantages car il permet à l’enseignant d’aborder efficacement toutes les dimensions de l’apprentissage. Pour ma part, je recommande les organismes qui mettent en œuvre toute cette palette au service d’une pédagogie du projet qui met l’apprenant en situation afin de mobiliser toutes ses connaissances.
Comment s’assurer que la formation est sérieuse ?
Il faut discuter en amont avec l’organisme pour savoir quelles seront les méthodes et la pédagogie employées. Il ne faut pas hésiter à demander le CV du formateur et à solliciter l’avis des clients précédents. Il faut aussi se méfier des organismes qui promettent des résultats rapides, mais où l’évaluation se déroule sur la base de simples QCM. La réalité des progrès effectués ne peut se mesurer que lorsqu’on est en situation de communication. Les labels ou les certifications de type ISO 9000 peuvent en revanche être jugés comme des gages de qualité. Il faut aussi penser à l’alternative représentée par les universités qui proposent aujourd’hui des formations continues en langues avec une garantie de l’État qui reste appréciable.
La formation doit-elle être sanctionnée par une certification ?
Ce n’est n’est pas obligatoire. L’essentiel, c’est qu’elle ait répondu aux attentes. Maintenant, il est vrai que certaines certifications font toujours bonne impression sur un CV. Je pense notamment au TOEIC (Test of English for International Communication), très orienté sur la vie de l’entreprise et la compréhension, mais moins sur l’expression orale et écrite. Le DCL (Diplôme de Compétence en Langues) mis en place par l’Education nationale pour l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien me paraît une évaluation plus pertinente car il privilégie la mise en situation avec un examen qui ressemble un peu à un jeu de rôle. A partir d’un scénario, le candidat lit, écoute, interroge un interlocuteur, traite l’information obtenue, expose ses conclusions et les argumente avant de rédiger un document de synthèse.
Comment entretenir son niveau une fois la formation achevée ?
Le simple fait d’écouter une langue étrangère régulièrement à la télévision ou sur Internet constitue une gymnastique intéressante. Pour entretenir son écrit, il suffit de lire des articles sur Internet. Pour la pratique orale, l’idéal reste bien sûr le voyage à l’étranger, mais le recours à des organismes qui proposent des conversations par téléphone ou des repas dans des restaurants constitue une bonne alternative.
Propos recueillis par Yves Rivoal