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C’est une dimension propre à la franchise : la présence, sur le devant de la scène, d’une poignée de patrons médiatiques et charismatiques dont le parcours a valeur d’exemple. Souvent partis de pas grand-chose, ils se sont hissés à la tête des plus gros réseaux de franchises nationaux.
Ces belles histoires, on aime à les raconter aux nouveaux franchisés : Leclerc et son premier point de vente à Landerneau, Afflelou et son concept novateur de la « moitié de la monture à l’œil », Dessange et ses coupes de stars ou encore Le Duff, ancien professeur d’économie devenu roi de la brioche ... Autant de modèles à suivre car entrer en franchise, c’est aussi acheter une petite part de rêve.
« Vendre à prix de gros aux particuliers »
Avec un chiffre d’affaires de 29,4 milliards d’euros en 2006, les centres E.Leclerc sont aujourd’hui un acteur majeur de la grande distribution française. Pourtant, rien ne prédestinait leur fondateur, Edouard Leclerc à un tel destin... si ce n’est une idée avant-gardiste. En 1949, il ouvre son premier magasin à Landerneau. Son idée ? Vendre à prix de gros aux particuliers. Les consommateurs sont séduits par cette démarche, à l’époque tout à fait novatrice. Dix ans plus tard, Leclerc supervise plus de soixante points de vente. Actuellement, l’enseigne compte quelques 574 centres, dont 67 à l’étranger. Avec un credo qui n’a pas changé : lutter contre la vie chère.
« La moitié de la monture à l’œil »
Moins de quinze ans après l’ouverture du premier Leclerc, c’est une autre idée géniale, elle aussi à l’avant-garde en matière de marketing, qui va mener un petit opticien dans la cour des grands : lorsque Alain Afflelou débarque en France au début des années 60, il ouvre sa première boutique à Bordeaux. L’originalité réside dans un concept intitulé « la moitié de la monture à l’œil ». Un slogan qui n’a pas pris une ride près de quarante ans plus tard ! En avril 2006, 772 points de vente vendaient des lunettes Afflelou. Parmi les 622 boutiques présentes en France actuellement, la moitié sont des franchises.
Le « coiffé-décoiffé » de Dessange
La proximité des Champs-Elysées, une clientèle de célébrités, un créneau haut de gamme : Jacques Dessange, « coiffeur des stars », ouvre son premier salon à Paris, avenue Franklin Roosevelt, en 1954. Sa spécialité ? Le « coiffé-décoiffé », un style qui tranche avec le brushing raide et devient sa marque de fabrique. La marque s’affirme et devient une chaîne de salon de coiffure à partir de 1975. Le réseau est entièrement franchisé. Il fait des petits via la création de Camille Albane en 1994 (moyen de gamme) puis, en 2002, le rachat de la chaîne Frédéric Moreno. Parallèlement, l’enseigne développe des produits de soin. Résultat : un réseau fort de plusieurs centaines de 500 salons en France et à l’étranger, pour un chiffre d’affaires de quelques 765 millions d’euros (2006). Et un slogan inoubliable : « Dessange, recoiffe-moi le moral ! ». Là encore, l’idée novatrice alliée à la puissance d’un bon marketing a fait mouche.
La brioche « french touch »
L’aventure du breton Louis Le Duff débute au milieu des années 70, lorsque cet ancien professeur d’économie ouvre un premier "Brioche dorée" à Brest, puis à Nantes, Rennes et enfin Paris. L’idée d’une restauration rapide mais « à la française » lui vient après un voyage aux Etats-Unis. Sur sa lancée, Le Duff expérimente une formule de restauration italienne, Pizza Lucio, qu’il fusionnera avec Pizza del Arte rachetée à Accor dans les années 90. Dans une logique d’approvisionnement de ses propres restaurants, Le Duff fonde Bridor, une usine de pain industriel. Le groupe Le Duff compte aujourd’hui plus de 550 restaurants et boulangeries dont 30 % en franchise. Dernière acquisition : la chaîne de restaurants américaine "La Madeleine" en 2001. « Les étrangers achètent un art de vie à la française. Dans nos restaurants "La Madeleine", nous vendons la Normandie aux Américains » a affirmé Le Duff. Importer un concept américain en France, le faire fructifier, puis repartir aux Etats-Unis avec ce même concept enrichi d’une « french touch » : tout le talent de Le Duff est là.
C.G.