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Entre 1996 et 2006, les cadres ont connu des périodes euphoriques suivies de passages moroses qui semblaient ne plus vouloir finir... Mais, bonne nouvelle, il semblerait que cette année confirme la reprise tant attendue ! Le point avec Olivier Denquin, responsable du développement chez Ad Hominem International, cabinet de recrutement par annonce et approche directe.
Propos recueillis par Christina Gierse

Concernant le recrutement des cadres, avez-vous l’impression que l’embellie se confirme ?
« Oui. Nous le constatons au niveau du nombre de missions qui nous sont confiées, et qui est en augmentation très nette. Cette reprise se traduit également par une sollicitation accrue des candidats, qui ont plus de choix. Ce qui a pour conséquence une accélération des processus de recrutement : une entreprise intéressée par un candidat doit se décider plus rapidement ».
Est-ce que tous les secteurs d’activité bénéficient de cette reprise ?
« Oui, nous le remarquons pour tous les secteurs que nous couvrons : financiers, banquiers, juristes, ingénieurs, informaticiens, commerciaux, marketeurs, acheteurs.. ».
Ce regain d’activité est-il comparable à celui des années 99-2000 ?
« Non, de notre point de vue cela n’a rien à voir. Mais il faut préciser que nous travaillons essentiellement des profils plutôt expérimentés, c’est à dire, c’est-à-dire ayant au grand minimum trois à quatre ans d’expérience. Je pense que la principale différence entre 2000 et 2006 est la question de la pyramide des âges. Les entreprises commencent à réagir à l’accroissement des départs à la retraite ».
Qu’attendent les entreprises des cadres recrutés en 2006 par rapport à ceux recrutés en 1996 ?
« On attend des compétences déjà requises il y a dix ans mais de manière plus marquée : grande ouverture à l’international accompagnée si possible d’une expérience à l’étranger, mobilité, curiosité, pragmatisme. Les entreprises veulent également toujours plus d’expertise et une capacité à s’adapter au changement. L’anglais est indispensable, avec un niveau requis plus élevé qu’il y a dix ans ».
Les 35 heures ont-elles permis aux cadres d’obtenir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée ?
« Globalement oui. Les vacances réparatrices sont plus fréquentes. Mais les 35 heures ont plutôt profité aux cadres employés dans de grandes entreprises. Dans les entreprises d’une certaine taille, un collaborateur
absent se remplace plus facilement. Ce n’est pas le cas dans une PME. Petit bémol : les 35 heures ont pour effet de rendre les journées plus denses et entraînent un déséquilibre plus net sur l’année avec une alternance entre des phases d’activité très intenses et des phases de baisses de régime ».
Quelle est la place faites aux femmes cadres dans les entreprises par rapport aux années 90 ?
« Elle est de plus en plus importante et se traduit par des consignes parfois très claires de féminisation des équipes. La maternité n’est plus vécue comme un obstacle et entraîne moins de blocages au niveau des recrutements. En revanche, il reste des disparités entre les salaires hommes/femmes ».