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À l’heure où les places se font chères, on a assisté à l’émergence d’un nouveau genre de " bidonnage " de CV : la sous-évaluation des diplômes. Pour ne pas faire peur à l’éventuel employeur (un supérieur hiérarchique accepte difficilement d’avoir un subordonné diplômé d’une grande école alors qu’il lui manque encore deux UV pour décrocher sa licence), on évacue une mention, ou l’on occulte l’année de maîtrise ou le doctorat. " Ce réflexe survient généralement après que le candidat a essuyé une dizaine de refus, explique un consultant. Il sait qu’il ne parviendra pas à obtenir un poste correspondant à ses compétences, et qu’en même temps, il sera handicapé par ses diplômes s’il postule pour des places qui demandent moins de compétences. "
Soyons honnêtes : malgré la dégradation de l’emploi, les " bidonneurs " trop modestes sont moins nombreux que les bidonneurs " à la Marseillaise ". Quand on bidonne, c’est généralement à la hausse. Le masochisme a ses limites.
Peut-on, en toute impunité, " bidonner " son CV ou faut-il dire toute la vérité, rien que la vérité ? La réponse est subtile.
Premièrement, il est fortement déconseillé d’inventer de toutes pièces un diplôme, une expérience professionnelle, ou un hobby plus sexy que la natation, tout simplement parce qu’on juge qu’il impressionnera favorablement le recruteur.
Pourquoi ? Tout d’abord, parce que vous avez toutes les chances d’être démasqué. Les recruteurs savent très bien qu’une grande partie des CV est gonflée, et n’hésitent pas à passer un coup de fil pour vérifier une information. Ensuite, parce que vous risquez tout simplement de rater votre entretien parce que vous serez mal à l’aise, inquiet à l’idée de vous recouper. Les entretiens constituent une épreuve assez difficile pour que l’on évite d’en rajouter. De plus, ils sont certainement plus décisifs dans la décision d’embauche que les CV.
Si vos mensonges survivent à l’épreuve de l’entretien, ils ne résisteront pas obligatoirement aux premiers mois de travail : facile de découvrir que vous n’êtes pas bilingue, que vous n’avez pas usé vos culottes sur les bancs de cette brillante école, etc. N’oubliez pas qu’un CV est un document écrit qui sera conservé et qu’un mensonge sur les compétences peut être la cause d’une rupture du contrat de travail.
Ceci posé, un CV doit-il dire toute la vérité, rien que la vérité ? Pas tout à fait. Les éléments négatifs sont passés sous silence (on n’écrit pas " divorcé ", " au chômage ", etc.). Seuls les éléments positifs sont présentés et mis en relief. Le CV met en valeur les responsabilités mises en œuvre dans chaque expérience, et il s’efforce de mettre de l’ordre dans les parcours les plus chaotiques. Un CV n’est pas de l’information, mais de la communication : c’est de la publicité non mensongère.